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La douleur au niveau d'un sein n’est pas le symptôme du cancer du sein le plus évocateur. Les douleurs du cancer du sein peuvent se manifester quand le diagnostic est tardif. Elles peuvent être également la conséquence des traitements du cancer du sein, comme la chirurgie, la radiothérapie, la chimiothérapie ou l'hormonothérapie pour l’essentiel. La majorité de ces douleurs au cours du cancer du sein peuvent être soulagées au moyen de médicaments et d’autres méthodes.

La douleur, signe avant-coureur d’un cancer du sein ?

Un développement du cancer généralement silencieux

Au départ, les tumeurs sont constituées par un regroupement de cellules cancéreuses et n’ont pas de nerf pour relayer la douleur. Le cancer du sein se développe en silence, d’où l’importance de son dépistage. Une tumeur du sein est rarement d’emblée douloureuse. Cela dépendra ensuite du type et du stade du cancer du sein. En effet, pour qu’une tumeur fasse mal, elle doit envahir ou comprimer une partie sensible du corps.

D'autres symptômes du cancer du sein sont plus évocateurs, comme :

  • une masse dure, sensible mais non douloureuse, dans le sein ou au niveau des aisselles ;
  • un changement dans la taille, la forme ou la peau du sein ;
  • une modification du mamelon.

La douleur, un signe de gravité dans le cancer du sein ?

Des douleurs peuvent apparaître si le cancer du sein est diagnostiqué tardivement. Les cellules cancéreuses se sont multipliées et disséminées dans d’autres parties du corps, où elles sont devenues le point de départ de métastases du cancer du sein.

Selon l’organe touché par ces métastases, différentes gênes ou douleurs peuvent alors en effet survenir :

  • des douleurs osseuses ;
  • des douleurs abdominales ;
  • des maux de tête ;
  • des douleurs à la respiration.

Les différents types de douleurs causées par une tumeur

Les tumeurs cancéreuses peuvent induire chez les patients 3 types de douleurs : mécaniques, inflammatoires et neuropathiques.

Les douleurs mécaniques au cours du mouvement

Ce sont les douleurs qui surviennent quand la tumeur empêche le fonctionnement d’un organe ou d’une partie du corps. Des douleurs abdominales se manifesteront par exemple si la digestion est bloquée par la tumeur. Des douleurs dans les membres lors de mouvements peuvent aussi apparaître avec des métastases osseuses.

Les douleurs inflammatoires surtout au repos

La tumeur, en envahissant les organes et les tissus, peut induire une réponse du système immunitaire qui la considérera comme un corps étranger et enclenchera tout un processus inflammatoire pour la détruire. Les inflammations qui résultent de ce moyen de défense sont responsables de douleurs dites inflammatoires. Elles augmentent la nuit quand le corps est au repos.

Les douleurs neuropathiques variées selon les personnes

Des douleurs neuropathiques se déclarent quand la tumeur ou ses métastases envahissent ou exercent une pression sur le cerveau, la moelle épinière ou un nerf. Différents symptômes sont décrits et varient selon les personnes :

  • des décharges électriques ;
  • des fourmillements ;
  • des problèmes de sensibilité.

Les douleurs dans le cancer du sein

Les traitements du cancer du sein sont parfois responsables de douleurs pouvant persister plusieurs mois. Pour une durée supérieure à 3 mois, la douleur est dite chronique.

La chirurgie du sein, source des douleurs

La chirurgie du cancer du sein peut être à l’origine de douleurs particulières, dont l’intensité va varier selon les personnes, la technique opératoire employée et l’ampleur de l’opération.

  • Si un curage axillaire est nécessaire et que les nerfs sont lésés par cette intervention, cela occasionnera des douleurs neuropathiques,  dites névralgies intercosto-brachiales (au niveau des côtes et du bras). Le bras devient lourd, engourdi et cela peut aller jusqu'à la main. Le thorax peut aussi être douloureux.
  • Les douleurs peuvent apparaître juste après la chirurgie, voire quelques mois après. La technique du ganglion sentinelle a permis de réduire considérablement ce type de douleurs postopératoires.
  • La chirurgie du cancer du sein peut également être à l’origine d’un lymphœdème du bras, appelé aussi le syndrome du « gros bras », qui n’est pas douloureux en lui-même, mais peut exacerber des douleurs neuropathiques déjà présentes et engendrer des problèmes articulaires de l’épaule.
  • L’étirement du bras et de l’épaule au cours de l’opération peut aussi donner des séquelles douloureuses au niveau des muscles concernés par la zone opératoire.
  • Pour les mastectomies, des douleurs du « sein fantôme » peuvent se produire dans les 3 mois qui suivent l’intervention. C’est la sensation physique d’avoir toujours son sein, bien qu’il ne soit plus là, due au fait que la zone du cerveau qui gère le sein reste encore en activité.

Les douleurs causées par la chimiothérapie

Les médicaments utilisés pour la chimiothérapie sont toxiques pour les cellules cancéreuses, car elles se multiplient très vite. Ils sont aussi néfastes pour les cellules saines du corps qui se renouvellent rapidement, comme les cellules de la peau, des muqueuses (buccale, intestinales) et les cellules sanguines.

Ils peuvent également induire des douleurs d’apparition rapide, dites aiguës, après 2 à 3 semaines. Ces douleurs disparaissent quand la chimiothérapie est terminée.

Les taxanes et les dérivés du platine, en particulier, peuvent entraîner des douleurs neuropathiques dès la première cure.

L’hormonothérapie, responsable aussi de douleurs dans le cancer du sein

Ce sont des médicaments administrés au long cours, et certaines classes comme les anti-aromatases peuvent engendrer des douleurs articulaires gênantes.

En général, 10 à 24 % des femmes soignées par une hormonothérapie souffrent de douleurs articulaires modérées, voire sévères.

La bouche comme manifestation des douleurs

La bouche est particulièrement soumise aux agressions des différents traitements du cancer du sein. Plusieurs signes peuvent se manifester, on les appelle des mucites :

  • des aphtes ;
  • des picotements ;
  • des sensations de brûlures.

Toutes les gênes ou douleurs nouvelles ressenties doivent être signalées au médecin sans attendre. Elles peuvent en effet rendre très rapidement l’alimentation impossible.

Les douleurs du cancer du sein liées à la radiothérapie

Les rayons ionisants utilisés pour les séances de radiothérapie ne sont pas douloureux, mais leur action sur les cellules saines conduit à des effets secondaires, notamment des douleurs apparaissant au fur et à mesure des séances :

  • brûlures dans la zone irradiée au niveau de la peau et des muqueuses ;
  • vomissements, diarrhées, crampes abdominales si la zone irradiée touche les organes digestifs.

Plus rarement, la radiothérapie touche certains nerfs, des douleurs neuropathiques peuvent dans ce cas survenir. Ces douleurs apparaissent des mois, voire des années après la fin du traitement, ce sont des séquelles tardives qui peuvent être responsables de douleurs chroniques.

Le traitement des douleurs dans le cancer du sein

La douleur est ressentie différemment selon les patients

La douleur est une notion subjective, propre à chacun, elle est difficilement mesurable comme on mesurerait une tension artérielle. C’est en discutant avec les équipes médicales que la douleur sera évaluée au moyen d’une petite règle, graduée de 1 à 10. Le patient déplacera le curseur pour chiffrer son ressenti de douleur.

La prise en charge des douleurs causées par la tumeur

Les douleurs liées à la tumeur sont prises en compte par les traitements du cancer du sein :

  • chirurgie ;
  • radiothérapie ;
  • chimiothérapie ;
  • hormonothérapie.

En diminuant la taille de la tumeur, on limite ses conséquences douloureuses sur les organes environnants.

Les douleurs liées aux conséquences de ces traitements

Les douleurs du cancer du sein sont en général des douleurs persistantes ; leur soulagement n’est pas immédiat. De nombreux ajustements de traitements sont nécessaires pour y parvenir.

Plusieurs types de médicaments sont utilisés pour calmer la douleur, prescrits par l’oncologue, le médecin généraliste ou un médecin spécialiste de la douleur, l’algologue :

  • des antalgiques : du palier I (paracétamol) jusqu’au palier III (morphine) ;
  • des co-analgésiques : des antidépresseurs et des antiépileptiques (pour les douleurs neuropathiques), des anti-inflammatoires et des décontractants musculaires.

Des techniques non médicamenteuses peuvent aussi être mises en œuvre :

  • la kinésithérapie et la rééducation ;
  • la neurostimulation électrique transcutanée ;
  • l’hypnose ;
  • l’auriculothérapie ;
  • des thérapies cognitives et comportementales spécifiques pour les douleurs chroniques.

En effet, l’acupuncture, seule ou associée à l’acupression, permettrait de réduire l’intensité des douleurs associées au cancer ainsi que le recours aux analgésiques.

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